A propos de l’auteur.

“Chéops” est née dans le jeu de cartes “Pyramide”, patience jouée à plusieurs sur Internet, il y a de cela presque une dizaine d’années…

S’initier alors aux plaisirs de la découverte de l’autre au travers du chat et sous prétexte d’un jeu, se lier d’amitiés inattendues avec deux ou trois copines, lui valurent son entrée dans le monde virtuel de Second Life en janvier 2007.

En 2008, un ami de ses premiers moments sur Second Life lui fait part de son implication dans un nouveau monde virtuel : Openlife. Elle suit de loin les nouvelles de Digital Dreambuilder (“appelez-moi Digi”…), devenu bâtisseur de rêves dans un monde où tout est à construire…

Dans la vie réélle, Chéops est professionnellement impliquée dans la vie associative  depuis 1973. Pendant et après un parcours universitaire de psychosociologue, elle a successivement créé et développé un Centre social pendant 19 ans, puis créé et développé la Fédération des centres sociaux d’un département pendant 16 ans, en lien étroit avec les habitants des quartiers concernés et le réseau national des centres sociaux de France (FCSF).

Pivée de son emploi en jun 2009 suite aux conséquences de la conjoncture économique, Chéops aurait pu être rattrappée par ses violons d’Ingres jusque là rangés au rang des “je m’y remettrai plus tard”, tels que le dessin et la peinture, la création sous toutes ses formes.

Mais sans vie sociale ni projet collectif, combats à mener ou idées nouvelles à travailler, Chéops sait qu’elle va sombrer…

Elle a déjà mis un pied dans Openlife en février 2009. Son nouvel avatar s’appelle Cheops Forlife.

Digi lui a proposé de s’initier au “build” (“construction” : avec les outils à disposition, il est possible de créer à  peu près tout ce que l’on veut en tant que contenu des mondes virtuels, des maisons aux vêtements en passant par les bibelots, animations, bijoux et paysages…). 

Digi a configuré un terrain vierge sur une de ses régions : GAIA, plein de montagnes et de plaines. Il voudrait y reproduire des paysages de Madagascar, car il s’intéresse aux espèces en voie de disparition, et ici, il souhaite que l’on y parle des lémuriens…Il a planté des photos un peu partout représentant des vues du Parc National d’Isalo (cascades, piscines naturelles, plaines arides, villages de huttes…) et propose à Chéops de s’en inspirer…

Chéops n’a jamais rien construit. Elle sait juste planter des fleurs déjà faites…Les outils familiers de l’écran (identiques sur Second Life ) lui ont toujours semblé ésothériques, elle n’a jamais osé s’en servir… Il est fou de lui proposer ça!

Mais ses protestations ne rencontrent qu’une tranquille confiance de la part de Digital  son égard…

Alors elle a envie de relever le défi…

Aujourd’hui le Parc d’Isalo est construit, ainsi qu’un marché malgache en pleine extension.

Une maman lémurien et son petit, confectionnés et vendus aux résidents par Digi, ont ré-introduit et sauvé l’espéce dans un Madagascar virtuel, mais la part de recette envoyée à WWF et la sensibilisatiion par le symbole apportent leur contribution à notre monde réel…

Chéops a ses boutiques “Chéopshop”dans plusieurs régions d’Openlife, où, à la demande des résidents, elle vend maintenant les créations qu’elle a réalisées pour “ sa mission” sur GAIA :  plantes, arbres, fruits et légumes… et dont les résidents peuvent parer leur propres résidences. Elle s’est aussi mise aux maisons et meubles, colliers et boucles d’oreille …

Sa vie sur Openlife est particulière. Le parrainage d’un résident de la première heure comme Digi lui vaut beaucoup de sympathie de la part de la communauté de pionniers qui s’y trouve, en provenance essentiellement des Etats Unis, d’Australie et d’Europe du Nord… Elle les retrouve au quotidien. Comme elle depuis juin 2009, ce sont pour la plupart des personnes qui ont du temps. Retraités, ou impliqués dans des activités professionnelles intermittentes, ils apportent chacun une compétence particulière : des universitaires aux informaticiens en passant par les artistes et techniciens de tout poil dans la vie réelle…

Chéops n’est pas propriétaire de terrain. Elles est hébérgée par Digi (échange de bons procédés oblige ! ). Mais elle participe à la vie sociale d’Openlife et aux réunions avec la société 3DX propriétaire et développeur de ce monde virtuel.

Elle se rend compte que ces réunions qui rassemblent parfois plus de 20 personnes fonctionnent aussi bien que dans la vie réelle : chacun peut s’exprimer -peut être même mieux grâce à la trace laissée par l’historique du chat- que le débat démocratique peut prende place, et que des décisions collectives y sont possible. Sans même connaître chacun dans la vie réelle,  il semble ici se développer comme un 6 ème sens, à la manière des aveugles, qui permettrait de se connaître et se reconnaître par d’autres filtres que ceux de la vie réelle (pas de faciès, pas d’âge, pas de signes reflétant le mileu social, pas de toucher, pas d’odeur,…l’écrit, rien que l’écrit….et la vue de l’autre à priori “caché” derrière son avatar, dans un environnement 3D recréant les conditions de profondeur et d’ambiance du monde réel, parfois de façon saisissante…)

Et pourtant des affinités et des aversions se dégagent, des alliances et des complicités, des sentiments, qui, soumis à l’épreuve du temps, confirment qu’ils peuvent être profonds et bien réels. Des collaborations s’exercent autour de projets qui voient le jour, ainsi que des rassemblements festifs créant des joies et des souvenirs partagés. Le respect, la tolérance et le don correspondent aux valeurs dominantes, seules à même de maintenir en vie cette dynamique et de permettre tout développement.  Et cette communauté en a bien conscience, car comme dans la vie réelle, est est souvent confrontée à des visiteurs venus pour dénigrer, séparer, voire agresser et détruire (jalousie, concurrence dans d’autres mondes en construction…en clair, tout un pan de la bêtise humaine qui vient elle aussi s’exprimer dans les univers virtuels…). Et là aussi, comme dans la vie réelle, il faut savoir affronter, composer, parfois sanctionner, et surtout grandir….Un vrai parcours initiatique, que l’absence des contingences de la vie réelle rend spectaculairement rapide et efficace…

Chéops met alors un peu d’ordre dans ce ressenti confus. Elle regarde sa main gauche -ou plutôt ses doigts de gauchère sur le clavier qui maintenant savent construire tant de choses- et sa main droite qui a laissé derrière elle des savoir-faire en matère d’animation de groupes, de formations, de montage de projets de développement à mener avec d’autres…

En juillet 2009, l’image des locaux de la FCSF transposés dans un monde virtuel s’impose à elle, où pourraient s’y retrouver ses ex-collègues de toute la France, du moins leurs avatars, cette disposition leur épargnant les fastidieux transports et leur coût. Resterait à leur en démontrer le gain potentiel, dont elle a le sentiment maintenant d’ être un peu trop la seule convaincue.

Exprimant cette idée à ses plus proches dans Openlife, elle rencontre intérêt voire enthousiasme,  et un soutien suivi d’effets concrets.

Tel portera à sa connaissance les balbutiements d’actions similaires à grande échelle démarrées dans Secondlife (” Second Life work“) pour des grosses sociétés, tel autre lui soufflera ou l’aidera à comprendre la litterature anglaise existante sur le net à ce sujet, tel autre lui proposera la confection de petits programmes pour réaliser les idées d’outils de travail qu’elle a en tête…

Chéops découvre alors les pronostics d’avenir de la 3D affirmés par les spécialistes de la communication, et voit ses intuitions confirmées s’agissant des potentialités offertes pour les pratiques du réseau des centres sociaux : projets partagés,  méthodes de travail collaboratif, participation… l’outil monde virtuel semble fait pour eux.. Mais comment s’y prendre?

One Response to A propos de l’auteur.

  1. Frédéric

    Je te retrouve bien là, toujours la truelle à la main et les idées qui foisonnent. Je te souhaite plein de bonheurs dans tes travaux et tes relations. Habitant moi même un monde virtuel, je sais que la diversification des moyens de communication sont l’avenir de notre monde où se déplacer revient à détruire désormais.
    L’étape suivante ne serait elle pas de se réunir dans des endroits totalement créés par des gens de talent et oublier les salles de réunion ?
    Bravo et à bientôt sur une plage malgache !

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